Lieu vide, livrets, enregistreur, appareil-photo
Première réalisation : 06.06-14.07.2013, Galerie Nadine Feront, Bruxelles, avec Stephan Balleux, Amélie de Brouwer, Tatsuya Inuikawa, Lucie Lanzini, Jimmy Ruf et Robert Suermondt

Avec Tatsuya Inuikawa lors de la description d’une œuvre (Bruxelles, 06.2013)
Dans un lieu « vide », des invité.e.s trouvent des cadrages en deux ou trois dimensions, comprenant des formes et des couleurs. Ce peut par exemple être une tache sur le blanc d’un mur, le déséquilibre d’un coin rencontrant un plafond, des traces de pas sur un plancher ou les couleurs d’une plante.
Chaque invité.e décrit six « œuvres trouvées » : une photographie de chaque trouvaille est prise selon ses instructions et ses paroles sont retranscrites dans un livret.

Tatsuya Inuikawa lors de la description d’une œuvre (Bruxelles, 06.2013)

Avec Stephan Balleux lors de la description d’une œuvre (Bruxelles, 06.2013)

Avec Robert Suermondt lors de la description d’une œuvre (Bruxelles, 06.2013)

Avec Jimmy Ruf lors de la description d’une œuvre (Bruxelles, 06.2013)
Lors de l’exposition, les visiteur.se.s. peuvent choisir un livret pour « entrer dans le regard » d’un.e invité.e. La 4e de couverture propose : « Une personne a trouvé des œuvres dans ce lieu, à vous de les retrouver. »


Visiteurs à la recherche d’œuvres (Bruxelles, 06.2013) – photographie : Benoît Grimalt

Visiteur ayant retrouvé une œuvre décrite par Tatsuya Inuikawa (Bruxelles, 06.2013) – photographie : Benoît Grimalt


Visiteur ayant retrouvé une œuvre décrite par Stephan Balleux (Bruxelles, 06.2013) – photographie : Benoît Grimalt
Si un.e visiteu.r.se pense avoir retrouvé une œuvre, une photographie est prise selon ses instructions. Au terme de l’exposition, les photographies peuvent être mises côte à côte, ajoutant le regard des visiteu.r.se.s à celui de l’invité.e.

Diptyque : œuvre décrite et photographiée par Tatsuya Inuikawa (gauche), retrouvée et photographiée par un.e visiteur.se (droite)
Description issue du livret : « Un minuscule objet en métal dans un espace très blanc, coincé dans un endroit creux adapté à sa taille. Il est difficile à trouver : si on est myope comme moi, il faut s’approcher de très près. Il est vraiment à sa place, entre le sol et le bois. Il est prévu pour être utile, pour fixer quelque chose, mais pour l’instant il est inutile. On l’a laissé tomber, on l’a oublié. Mais il est toujours là, coincé, et je crois qu’il restera un bon moment oublié. Il faut s’accroupir pour le trouver. » (Tatsuya Inuikawa)

Diptyque : œuvre décrite et photographiée par Stephan Balleux (gauche), retrouvée et photographiée par un.e visiteur.se (droite)
Description issue du livret : « Un trou d’une profondeur de cinq ou six mètres et de la largeur d’une main. Un trou qui pourrait encore fonctionner même si aujourd’hui, le bois coûte cher. Il reste des traces d’utilisation mais on ne l’utilise plus que comme décoration. En bas du trou, il y a un relief : c’est un portrait de famille et en même temps, on égorge un sanglier. Un gros animal. Effrayant : là où il y a un portrait de famille, on mettait le feu. Ca rappelle une image du christianisme. On chasse les sorcières. On brûle. D’habitude, on bouche ce type de trou. Pas ici. On n’a pas oublié le bas de la construction, qui est devenu un objet de décoration, mais on a oublié le trou. Parce qu’on s’en fout, on n’en a plus besoin. L’oeuvre que je cadre, c’est ce gouffre. Pour le voir, il faut se coucher sur le dos et regarder vers le haut, dans le conduit de la cheminée. Je vois des murs noirs, je crois qu’ils sont en brique. Ce noir caché, alors que toutes les pièces sont blanches, est remarquable. On voit la lumière au bout. C’est comme Dieu. On ne sait pas évaluer à quelle distance elle se trouve. La lumière du jour, très belle. » (Stephan Balleux)

Diptyque : œuvre décrite et photographiée par Tatsuya Inuikawa (gauche), retrouvée et photographiée par un.e visiteur.se (droite)
Description issue du livret : « Un petit objet dans le parterre droit, juste avant que la pelouse s’arrête sous le marronnier. C’était la maison de quelqu’un, mais il est mort ou a été assassiné. Maintenant la maison est vide. Elle traîne par terre. Elle est en train de se détruire mais ça prend un peu de temps. La forme est en spirale et forme un trou. La couleur extérieure est orange fané. Des petites lignes ressemblent à du vernis qui s’en va et qui blanchit. Le volume mesure 1cm3. C’était une maison habitée mais depuis la mort de l’habitant, personne ne s’y intéresse. Sauf moi et peut-être les enfants, parce que cette forme en spirale, creuse, est impressionnante, très mathématique. La raison naturelle lui a donné sa forme. » (Tatsuya Inuikawa)

Diptyque : œuvre décrite et photographiée par Lucie Lanzini (gauche), retrouvée et photographiée par un.e visiteur.se (droite)
Description issue du livret : « Un carreau qui se descelle dans l’entrebâillement d’une porte. Un carreau faisant partie d’une frise. Avec des éléments jaunâtres et deux types de marrons. Un carreau qui fait un bruit quand on passe, un bruit de petit gravier ou de ciment qu’on écrase. Je n’ai pas trouvé ce bruit ailleurs. C’est lui qui m’a fait remarquer ce carreau. Du carrelage avec des motifs, il y en a beaucoup ici, alors ce n’est pas forcément un défaut, mais c’est ce bruit qui m’a attirée vers ce carreau en particulier. Je centre le cadre sur le carreau. Je garde un peu des autres matières sur les côtés : le marbre, une part de la frise un peu marron ou grisâtre, une part du motif du carré d’à côté. » (Lucie Lanzini)

Diptyque : œuvre décrite et photographiée par Lucie Lanzini (gauche), retrouvée et photographiée par un.e visiteur.se (droite)
Description issue du livret : « Deux éléments. L’un argenté, l’autre doré. Les deux sont striés. L’un est strié par un motif végétal, comme des feuilles. Les deux sont l’un en face de l’autre. Sous eux, il y a encore deux autres éléments argentés et dorés. Si les deux éléments du dessus ont une utilité, les deux éléments du dessous n’en ont pas : c’est une serrure qui n’ouvre sur rien, on ne peut pas mettre de clé. L’objet fait partie de l’espace mais en même temps, il pourrait être isolé comme un objet purement plastique, dans un autre contexte. C’est un objet qui normalement a une utilité, et qui là n’en a pas. Qui du coup a à la fois un statut décoratif, mais aussi absurde. Sur une double-porte, normalement, il y a une serrure. Ici il y en a deux. » (Lucie Lanzini)

Diptyque : œuvre décrite et photographiée par Lucie Lanzini (gauche), retrouvée et photographiée par un.e visiteur.se (droite)
Description issue du livret : « Il s’agit de motifs. Deux motifs sont complets mais en même temps, ils ne sont sont présents que dans cet angle. Ces motifs ont des couleurs à la fois passées mais intenses, surtout le bleu. Deux carreaux sont complets et quatre autres ont été coupés ou recouverts par du ciment pour reboucher un tuyau, peut-être. Je trouve assez étonnant le décalage entre le sol avec les espèces de roses des vents dans les tons marron, qui sont présentes dans deux salles, et juste cet angle avec un motif complètement différent, beaucoup plus de courbes, d’arabesques. On a peut-être voulu reboucher l’emplacement d’un lavabo. Je cadre le motif complet avec les deux tuyaux et le ciment dans l’angle. Tout le motif, avec les deux carreaux complets et les quatre carreaux coupés. » (Lucie Lanzini)

Diptyque : œuvre décrite et photographiée par Stephan Balleux (gauche), retrouvée et photographiée par un.e visiteur.se (droite)
Description issue du livret : « C’est un objet posé sur le sol. à première vue, il mesure 5 cm sur 6 mm. Il ressemble à une craie d’écolier mais comme il est inaccessible, c’est difficile à affirmer. C’est un cylindre blanc, mat, érodé des 2 côtés mais plus érodé du côté droit. Une partie à sa droite pourrait être une pièce détachée du cylindre original. Vu l’attention donnée aux détails dans cet espace, l’objet pourrait être un jouet oublié, la preuve que la maison a contenu des enfants. » (Stephan Balleux)

Diptyque : œuvre décrite et photographiée par Stephan Balleux (gauche), retrouvée et photographiée par un.e visiteur.se (droite)
Description issue du livret : « Juste après la pelouse, c’est le vestige de son petit ou de son grand frère, qui se trouve à côté de lui. Et malgré que la forme soit complètement naturelle et soit la preuve d’un certain désastre, elle ressemble à un château de sable érodé. Disons que le château de sable a été fait 3 heures auparavant par un petit garçon, et que le temps a déjà une emprise sur lui. » (Stephan Balleux)

Diptyque : œuvre décrite et photographiée par Amélie de Brouwer (gauche), retrouvée et photographiée par un.e visiteur.se (droite)
Description issue du livret : « Des spots sur un plafond d’une autre époque, comme un collage. Une pièce rapportée dans un espace préexistant. Ca fait aussi partie d’un dispositif d’exposition connu. Pourtant c’est un collage de 2 époques qui se rencontrent : un élément contemporain sur une base plus ancienne. Ce sont des objets nécessaires dans une galerie. Ici ils ne mangent pas l’oeil mais ailleurs, il arrive même qu’il y ait des cimaises pour suspendre des cadres. Or c’est assez violent, au niveau visuel. Des cimaises parce qu’on ne peut pas faire des trous dans le mur, pour moi, c’est de l’ordre du collage, d’une installation, d’un assemblage. Comme si on ne prenait pas en compte les éléments qu’on surajoute au travail artistique. Comme si c’était neutre. Cette neutralité fait référence, en fait, à des automatismes. Au plafond, mon oeil cadrerait la moulure centrale avec en haut de l’image, le rail et ses 2 spots. » (Amélie de Brouwer)







































