Papier marouflé, 11 x (12 x 19 cm)
Première exposition : 09.05.2012, Galerie 10/12, Bruxelles



Fin des années 1960. On diagnostique des crises d’épilepsie chez Anneliese Michel, puis des crises incluant des tremblements et des hallucinations. Elle est soignée en hôpital psychiatrique. Plusieurs médicaments sont prescrits mais les crises reviennent. Les médicaments sont arrêtés. Lors d’un pèlerinage en Italie, elle est incapable de faire face à un crucifix et refuse de boire une eau considérée comme sacrée. Elle-même et son entourage considèrent qu’elle est possédée par le Diable. Un prêtre accepte de l’examiner et associe ses symptômes à ceux d’une possession. En septembre 1975, l’Eglise autorise l’exorcisme selon le rite catholique romain. Après dix mois et soixante-sept séances, Anneliese meurt à vingt-quatre ans. L’autopsie indique une sous-alimentation et une déshydratation. Les parents et les prêtres plaident non-coupable. La justice condamne les parents, ainsi que les deux prêtres ayant exécuté le rituel, de négligence ayant entraîné la mort.
Un libraire de seconde main vend un manuel de psychologie dans lequel sont décrits des symptômes de schizophrénie. Il vend aussi un manuel de catéchisme dans lequel sont évoqués le Diable et la tentation. Le premier date des années 1970. Le second date des années 1930, époque durant laquelle les parents et les prêtres ont sans doute été initiés au catholicisme. Onze pages des livres sont sélectionnées et collées sur des morceaux de bois.
Une couleur mêlant le gris et le doré, transparente, imprime le portrait de chaque prêtre sur une page de cathéchisme. La couleur imprime aussi le portrait d’Anneliese sur une page du manuel de psychologie. Un prêtre est placé de chaque côté du portrait d’Anneliese. A côté de chacun, un autre morceau de bois affiche une page de psychologie. La composition ne forme pas une croix chrétienne, plutôt un totem.







































